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associations& ONG

Les pesticides par épandage aérien

Publié le 17 Septembre 2014

Nous ne pouvons que nous réjouir de l’abrogation de l’arrêté du 23 décembre 2013 fixant au 31 décembre 2015 l’interdiction aux dérogations de l’épandage aérien des pesticides.

Mais nous déplorons qu’il soit resté quand même des exceptions ; la dérogation sur la culture de la vigne (2131 hectares concernés en 2013) et le riz 5342 hectares sur la même année, soit au total 7431 hectares qui ont eu un traitement aérien.

La France comptait en 2008 ; 788000 hectares de vignes, le potentiel des demandes de dérogation est donc là.

Pour la culture du riz on comptait 16640 hectares plantés sur la même année.

Nous savons que l’épandage aérien apporte des problèmes de dérive du produit utilisé de l’ordre de 50% environ suivant les conditions météo. La proximité éventuelle avec des habitations, de jardins domestiques, peut entraîner une pollution indirecte, non tolérable pour les habitants riverains à ces parcelles traitées. Le bruit engendré par les rotations des hélicoptères apporte également une nuisance sonore. Une zone de sécurité qui ne peut être inférieure à 50 m est bien prévue par les textes afin de protéger les points d’eau contre ce type de pollution, ainsi que pour les cours d’eau, lacs, étangs et pisciculture, mais nous paraît toutefois bien trop restreinte au vu de la dérive liée à ce genre d’épandage. De plus la dissémination de désherbants pour la culture du riz devrait être strictement interdite.

La pollution de l’air n’est pas prise en compte. Au niveau national et européen, il n’existe pas de réglementation portant sur la présence des pesticides dans l’air ambiant. Pourquoi l’absence de normes de polluants chimiques d’origine agricole alors que la présence de ces toxiques est importante surtout au printemps et à l’automne. Or, pendant l’épandage et suivant les conditions météorologiques et les modes d’application ; de 25 à 75% des produits phytosanitaires ne se déposent pas sur les aires traitées, ce taux pouvant même atteindre 90% sur les sols humides. Les pesticides peuvent donc se disperser dans l’atmosphère directement lors de l’application, mais également après leur dépôt en se volatilisant. Outre le risque sanitaire direct que représentent les pesticides, ces substances peuvent subir des transformations chimiques ou photochimiques et participer ainsi au mécanisme réactionnel atmosphérique en produisant des aérosols et des polluants secondaires tel que l’ozone. Quant aux pesticides les plus stables, ils peuvent subir des transports à longue distance, grâce à la circulation des vents, et contaminer ainsi les zones les plus reculées de la planète, tels que les pôles nord et sud. Pour les campagnes de mesures de longue durée (annuelles ou pluriannuelles), le pourcentage de détection de certaines molécules peut atteindre 90% du temps. Elles peuvent êtres présentes dans l’atmosphère pendant environ 11 mois de l’année. C’est le cas du Lindane, insecticide interdit depuis 1998, et de la Trifluraline. Ces mesures sont réalisées par les AASQA, (associations agréées « surveillance qualité de l’air ».). De plus on parle toujours de la matière active de la spécialité commerciale, mais rarement des adjuvants qui y sont associés. Or les adjuvants utilisés sont souvent des composés phénoliques dont le tonnage peut dépasser celui des pesticides. Quel impact sanitaire ? Et quels sont les niveaux atmosphériques de ces composés ? Car ces polluants chimiques, se répandent à tous les niveaux tant urbains, que ruraux.

Nous rappelons que les pesticides et notamment les désherbants, sont des produits toxiques pour l’homme, les animaux, et source de pollution pour le sol, l’eau et l’air lors de l’épandage. Ces effets toxiques sont de mieux en mieux connus : ils peuvent êtres cancérigènes, réprotoxiques, neurotoxiques, génotoxiques, et être des perturbateurs endocriniens, car beaucoup de ces molécules chimiques miment et leurrent les hormones des organismes humains.

Partout, les modes de cultures biologiques devraient s’imposer.

La lutte biologique ainsi que les produits naturels sont une alternative aux traitements chimiques aériens. Ils doivent êtres privilégiés, car toute cette chimie, inconsidérément répandue dans notre environnement est cause de perturbation des biotopes et de dégradation de la vitalité chez l’être humain. Et même, à l’extrême, de maladies dégénératives, facteurs de raccourcissement de la durée de vie des individus soumis à ces pollutions.

Des produits naturels ont déjà fait leurs preuves et sont à notre disposition, utilisons les.

L’interdiction totale de l’épandage aérien quelque soit les plantes cultivées est un impératif. Il convient de la promulguer dans le plus court espace de temps possible

Les pesticides par épandage aérien
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