L’huile de palme dans les produits bio est une aberration pourquoi ?
Elle génère trois problématiques :
1) Un problème environnemental majeur (déforestation de très grande ampleur)
2) Un problème de santé publique, il est estimé que le caddie d’une famille moyenne Française contient environ 1,5 Kg de graisse de palme cachée. Donc des problèmes cardiovasculaires probables à long terme.
3) Un problème social et économique : spoliation des populations indigènes et des petits paysans, et paupérisation par l’exploitation des travailleurs du fait des très faibles rémunérations.
Nous savons tous d’où provient l’huile de palme, essentiellement de l’Indonésie premier fournisseur mondial : 19 millions de tonnes en 2008 et 17 millions de tonnes pour la Malaisie.
L’huile de palme est la plus utilisée aujourd’hui, 25 % (42 millions de tonnes en 2008-2009 selon l’USDA.
Sa première utilisation est l’agro alimentaire : 80%, (19% pour les cosmétiques, et 1 % pour les agrocarburants).
Son rendement est le plus élevé à l’hectare : 100 kg de fruits donne 22 kg d’huile, soit 10 fois plus que le rendement du soja
Son faible coût est lié à sa main d’oeuvre peu rémunérée, car 66% des travailleurs des plantations touchent moins que le salaire minimum en Indonésie déjà très inférieur à celui des pays occidentaux..
De plus les plantations de palmiers à huile demandent peu d’entretien et de main d’œuvre.
Constat environnemental :
Les forêts des principaux producteurs ont été détruites à 90 %entre le XIX et le XX siècle, et la déforestation continue pour reconvertir ces espaces ravagés en plantations de palmiers à huile puisque la demande augmente d’année en année. Il en résulte une augmentation des gaz à effet de serre ; augmentation de la température, et perturbation du régime des pluies.
La biodiversité est détruite, on estime à 5000 le nombre des Orangs-outans qui disparaissent chaque année par la destruction de leur habitat, et ceci n’est que la partie la plus visible et médiatique ; de nombreux autres animaux invertébrés et plantes, non encore inventoriés sont détruits à jamais. Alors qu’ils auraient pu, peut être procurer des substances utiles au traitement de certaines maladies. Quel gâchis !
La santé en jeu
Un lien statistique existe entre les taux d’acides gras saturés dans l’alimentation, l’hypercholestérolémie et la surmortalité des occidentaux par les maladies cardiovasculaires.
La consommation de l'huile de palme peut augmenter le taux de LDL-cholestérol dans le sang et entraîner des risques cardiovasculaires, car elle est riche en acides gras saturés.
Elle en contient 45 % alors que l’huile d’olive elle n’en recèle que 15 %.
Depuis l’année 2010 de grands groupes agroalimentaires, tels que Nestlé, Unilever et Casino ont renoncé à incorporer des graisses de palme dans leurs produits sous la pression des ONG et la colère des consommateurs .Il est donc parfaitement possible de s’en passer.
La certification : l’imposture
Pour faire avaler la pilule aux consommateurs et aux ONG, les industriels ont inventé la certification durable par la RSPO. (Roundtable on Sustainable Palm Oil), créée en 2004
L’huile de palme certifiée ne représente que 4 à 5 % de la production totale, cette pratique bien sûr n’en est pas pour autant moins condamnable.
D’après le cahier des charges des plantations de palmiers à huile durable, on peut introduire du Paraquat, puissant désherbant neurotoxique maintenant interdit en Europe. N’est ce pas incroyable et inadmissible ?
On peut également raser des forêts secondaires ou dégradées, mais pas des forêts primaires, ce qui a rassuré les ONG. Mais qui va contrôler sur le terrain ? L’importance des forêts secondaires est tout aussi essentielle car elles servent de corridor à la faune et restaurent la biodiversité.
De plus il y a un gros problème de traçabilité ; sur 10 plantations dans une ferme, une seule peut être qualifiée de durable et cela suffit pour certifier la totalité de l'huile de cette ferme. La certification n'est qu’une formalité achetée 50 dollars la tonne par les industriels. Un scandale !
Aujourd'hui, la plupart des entreprises responsables de la déforestation et à l'origine de conflits avec les communautés sont membres de la RSPO.
En Indonésie ; c'est un dirigeant de l'entreprise PT SMART (groupe Sinar Mas), l'une des pires entreprises impliquées dans la déforestation, qui est secrétaire de la commission sur les forêts à haute valeur pour la conservation. Le problème n'est donc pas réglé et il reste possible de détruire des forêts pour cultiver de l’huile de palme durablement.
La Certification n’est qu’un écran de fumée derrière laquelle s’abritent les industriels de l’huile de palme et à l’autre bout de la chaîne une opération marketing qui profite aux industriels de l’agroalimentaire et aux distributeurs.
Pour toutes ces raisons nous vous demandons ; à vous, messieurs les industriels qui fabriquent et commercialisent des produits bio, de supprimer cet ingrédient nocif pour la santé à l’impact carbone négatif, qui entraîne des effets destructeurs pour l’environnement et la biodiversité.
On l’a vu, de grands groupes agroalimentaires mondiaux ont franchi le pas.
L’agriculture bio à une éthique, qui malheureusement n’est pas toujours respectée, elle doit revenir à ces fondamentaux.
Ceux qui s’acharnent à la bafouer ne devront donc pas s’étonner s’ils constatent que les associations écologistes seront contraintes de déconseiller l’achat de leurs produits.
Philippe Lorme secrétaire adjoint MNLE 45
