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Les déchets et « boues » des stations d’assainissements de l’AgglO dans nos assiettes ?

Publié le 13 Février 2014

La canche de Chevilly est située sur la RD 97 entre Fleury et St Lyé, en bordure du village, dans la forêt d’Orléans. Elle existe, malgré l’opposition des habitants de Saint-Lyé soutenus par diverses associations et organisations, depuis 1982. Elle appartient à une entreprise privée, la SITA filiale de SUEZ. Aujourd’hui elle s’est diversifiée en 3 activités : stockage, tri et compostage. La population qui s’est opposée à l’extension a créé une association l’APENO : Association pour la Protection de laNappePhréatique de l’Orléanais. L’extension a été effective, malgré des manifestations et une contestation au tribunal, depuis octobre 2008, avec le soutien de la Préfecture.

L’étude du bilan d’activité annuel (2012) de la canche de Chevilly, appelée aujourd’hui « Eco pôle » montre qu’une « convention de traitement » existe entre l’AgglO Orléans Val de Loire et la SITA Centre Ouest « pour le traitement des effluents ».

Les « boues » issues du traitement des eaux d’égouts des stations d’épurations de l’AgglO sont ache- minées vers la canche pour son activité de compostage : 11 725 tonnes de « boues » sont ainsi mélangées à des débris végétaux divers pour être compostées. Le tonnage total traité est de 26 000 tonnes. Ce qui fait que près de la moitié des matériaux compostés est constitué de ces « boues » des STEP de l’AgglO. Mises à part ces « boues » de stations d’assainissement, dans le compost on trouve aussi des résidus de palettes broyées, imprégnées de pesticides et aussi probablement des végétaux dits « calaminaires » qui ont la propriété, selon les espèces, d’absorber les métaux lourds : plomb, cadmium, arsenic, chrome, fer, manganèse, organohallogénés absorbables… dont on se sert justement pour dépolluer les espaces industriels libérés. Le compost ainsi fabriqué, selon sa qualité, est soit vendu soit donné aux agriculteurs et épandus dans les champs où poussent les végétaux que nous mangeons… C’est pourquoi le MNLE est totalement défavorable à l’utilisation de ces détritus et des composts qui en contiennent, en agriculture.

Mais ce n’est pas tout ! Les activités de la canche produisent des jus de décompositions appelés « lixiviats », des eaux de ruissellement et des jus des lagunes de compostage. Toutes ces « eaux » sont récupérées et acheminées vers les STEP de l’AgglO où elles sont traitées avant de s’écouler dans la Loire :7 000 m3 de lixiviats et 3 000 T de jus de lagunes

Il faut savoir aussi que la canche traite principalement des déchets industriels : seuls 16 528 T sur les 58 257 T traitées, soit à peine 28 %, sont des déchets ménagers. Ceci bien que la catégorie de classement de cette canche devrait la conduire à ne traiter que des déchets ménagers ! Que contiennent les déchets industriels ? Personne ne le sait ! Seul un contrôle de la radioactivité est fait par le passage sous un portique. Lors du déclanchement de l’alarme, un jour il a été déclaré que c’était dû « à un transporteur ayant subi un traitement radioactif », une autre fois c’était « à cause de pièces d’horlogeries contenant de la peinture radioactive ». Les pièces d’horlogerie ont été isolées dans un conteneur et sont toujours sur le site…

Bien sûr des analysestrimestrielles sont faites (on est loin du contrôle continu !) pour contrôler les teneurs normalisées des composants du compost et des « jus ». Les analyses sont toutes déclarées « satisfaisantes » bien qu’il arrive que des dépassements des taux soient constatés pour : PH, azote total, fer, manganèse, aluminium, chrome, arsenic, organohallogénés adsorbables (j’ignore ce que sont ces produits et leur toxicité, mais à priori je les rangerais avec le chloroforme…). Il arrive que des analyses soient refaites lorsque les taux sont trop en dépassement. Généralement « ça colle » la 2ème fois et les taux excessifs sont attribués à « des erreurs du labo d’analyse », (le laboratoire SAS à Ardon).

Que se passe-t-il dans l’intervalle de 3 mois qui sépare les analyses ? C’est bien évidemment des contrôles continus qui devraient être faits ! Même si nous savons que ces contrôles sont peu contraignants, ils sont entachés d’un vice initial, car ces normes sont parfaitement arbitraires. Elles ont été instituées sur des bases dont on ignore les fondements et évoluent, selon les directives européennes, pour « s’adapter » à l’aggravation des pollutions, afin que celles-ci ne puissentpas être déclarées dangereuses.

Une dernière précision pour nous qui nous intéressons à la protection de la ressources « l’analyse de référence triennale, effectuée le 28 juin 2012 montre une absence d’impact sur les eaux souterraines »(espérons que cette fois le labo n’a pas fait d’erreur !). Mais cela ne peut pas nous rassurer car la pénétration des polluants au travers de la couche d’argile peut mettre des dizaines d’années.

Le MNLE qui protestait vivement contre toutes les pollutions et ces « complaisances » a été viré de la CLIS (Commission Locale d’information et de surveillance). Qui en est étonné ? Il faut du consensus si on veut avoir le droit de siéger ! Le MNLE a été remplacé, par décision préfectorale, par une association de pêcheurs à la ligne… qui n’a que peu de compétences en la matière et ne risque pas de déranger par des questions « incongrues » !

Annie Zornette

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