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La problématique des crématoriums en France

Publié le 2 Octobre 2013

La problématique des crématoriums en France

Monsieur le Président de l'Agglomération Orléanaise,

Le MNLE 45 (Mouvement National de Lutte pour l’Environnement), tient à vous alerter au sujet du fonctionnement du crématorium des Ifs.

Un peu partout en Europe, les études sur les crématoriums se multiplient du fait que les pratiques d’inhumations changent au fil du temps ; il en découle qu’une quantité importante de mercure est rejetée dans l’atmosphère. *Les Anglais ont calculé que 1,35 tonne de mercure se propage dans l’air lors des crémations dans leurs installations avec 260 crématoriums au total. Rappelons que le mercure est un puissant neurotoxique, cancérogène, mutagène et reprotoxique pour l’homme.

D’où vient ce mercure ? Essentiellement des plombages dentaires. La problématique soulevée est que la France n’a aucune obligation immédiate de s’équiper en filtres adaptés afin de se prémunir de tels rejets.

Egalement., en cas de crémation, des métaux lourds comme le plomb et le cadmium, fortement neurotoxiques sont diffusés dans l’environnement.

La France, contrairement à bien d'autres pays européens, n'impose pas de système de filtration. Les pays du Nord, l'Allemagne, la Belgique et la Grande-Bretagne ont commencé depuis plusieurs années à s'équiper. Afin de lutter contre la grave pollution mercurielle, la Norvège a interdit en janvier 2008 l'emploi des amalgames dentaires au mercure. Chez nous, même les thermomètres à mercure sont interdits depuis l’arrêté du 24 décembre1998.

Et ce n’est pas le seul inconvénient, lors d'une crémation, les produits formolés employés pour une conservation chimique du corps (thanatopraxie, soins de conservation, etc.), produisent aussi de la dioxine.

La France, contrairement à bien d'autres pays européens, n'interdit pas ces injections lors d'une cérémonie d'obsèques avec crémation. La dioxine peut être à l'origine d'atteintes cutanées, d'altérations de la fonction hépatique, des systèmes immunitaires, nerveux et endocriniens, et de la fonction de reproduction.

Alors que les incinérateurs de déchets ménagers sont aujourd’hui équipés de filtres contre les dioxines, vous nous excuserez pour la comparaison ; aucun équipement n’est prévu pour filtrer ces fumées toxiques lors des crémations.

En avril 2012, seuls 7 crématoriums français sur 144 sont équipés afin qu'aucune particule, mercure, dioxine et autres substances nocives majeures ne soient rejetées dans l’environnement.

Vous comprendrez donc qu’une association comme la nôtre qui se préoccupe des nombreuses pollutions qui se propagent un peu partout, ne peut rester indifférente contre les dangers qu’ils représentent. Est-ce le cas aux Ifs ? Si oui ce courrier a sa pleine raison d’être.

Bien sûr, nous ne doutons pas qu’un tel équipement doit être fort onéreux ; mais la santé de nos concitoyens doit-elle continuer à être menacée sous prétexte du coût de retraitement ? Des années perdues, ce sont des souffrances et des morts que l’on pourrait s’éviter. Rappelons nous Minamata au Japon.

Un arrêté signé le 28 janvier 2010, paru au JO le 16 février, oblige les crématoriums à s'équiper de filtres avant le 17 février 2018.En fonction de cette prescription l’Agglo pourrait donc se permettre d’attendre encore 5 ans avant de s’y conformer. Ce serait inadmissible, d’autant plus que entre la prise de décision et l’exécution, beaucoup de temps pourrait s’écouler. C’est dès maintenant qu’il faut agir.

Le MNLE 45 souhaite donc vivement que cette question soit inscrite à l‘ordre du jour de la prochaine séance.

Pourriez-vous nous en donner la certitude. Nous en attendons confirmation.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer Monsieur le président de l’Agglomération Orléanaise nos sincères salutations.

* source : afif : association française d’informations funéraire

Philippe Lorme, secrétaire adjoint du MNLE 45

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