La transition énergétique, doit amorcer, par un virage à 180°C, un changement profond du fonctionnement de notre société.
Le contrôle de l’énergie, hier monopole d’état voit son transfert progressif dans les grandes compagnies transnationales avec des conséquences en terme de coût et d’orientation énergétiques.
Le nucléaire.
Après Tchernobyl et Fukushima, où les problèmes techniques et environnementaux, sont loin d’être réglés catastrophes sans précédant du point de vue écologique, notre société devrait réfléchir sur une sortie progressive de l’énergie nucléaire à hauteur de 20 à 25 ans. Cette période doit permettre dés maintenant la recherche de sources d’énergie alternative et de nouvelles technologies propres. Ceci est imparable, car de plus cette ressource n’est pas inépuisable, les réserves de minerai d’uranium sont estimées tout au plus à 80 ans dans le contexte actuel d’exploitation.
Aujourd’hui la France est dans l’impasse, elle à le dos au mur, car elle n’a plus les moyens de construire de nouvelles centrales nucléaires, son parc est vieillissant, la plupart des installations ont 30 ans alors quelles ont été prévues pour durer au plus trois décennies. Aujourd’hui l’ASN donne des reconductions d’exploitation de 10 ans supplémentaire, avec tous les problèmes que cela va poser, arrêt de tranche, changement de pièces usées ou défectueuses fortement coûteuses, avec du personne sous traitant d’EDF, pas toujours bien formé et rémunéré. L’incorporation du privé dans le capital d’EDF, par l’entreprise Suez, peut avoir un effet négatif sur la sécurité nucléaire, pourquoi ? Il peut y avoir la volonté de faire des économies d’échelle au profit de la rémunération des actionnaires, ce qui se traduirait par des effets délétères sur le bon fonctionnement et la sécurisation de ces installations, on là vu avec l’entreprise TEPCO à Fukushima. Aujourd’hui le coût de la maintenance et de la mise en conformité pour la sécurité nucléaire est toujours plus important pour le contribuable, puisque c’est lui qui les paye à travers ses factures d’électricité.
La technologie nucléaire sera dans un futur proche, de plus en plus fragilisée par les aléas climatiques, dus au réchauffement global de la planète ; sécheresse prolongées, basse eau en été avec les problèmes inhérents au refroidissement des réacteurs, crues hivernales avec le risque d’inondations des bâtiments réacteurs. Pour mémoire, nos réacteurs à eau pressurisée consomment un demi-milliard de mètres cubes eau pour leurs refroidissement.
L’empreinte carbone de la filière est loin d’être négligeable comme l’écrivent bons nombres de personnes, car elle ne prend en compte que la phase d’exploitation, et non l’ensemble des procès. Il faut rappeler que le minerai d’uranium vient du Niger, qu’il faut excaver 50000 tonnes de roches pour avoir un kilo d’uranium, qui faut ensuite le transformer sur place, en yellocake (pâte jaune), puis l’exporter en France pour ensuite l’enrichir et le conditionner. Les rares études montrent que l’on se trouve en moyenne autour de 66 gr de C02 /KW h au lieu des 5 à 15 grammes annoncés par l’industrie nucléaire. Au Niger l’impact environnemental est loin d’être négligeable, pollution de l’eau, de l’air, à travers les poussières radioactives, et pollution du sol. Des maladies apparaissent comme des cancers respiratoires ou de la thyroïde ; de plus ces populations sont la plupart très pauvres, et ne peuvent se soigner correctement.
Les déchets nucléaires qui s’accumulent au centre de la Hague vont devenir un problème rapidement. En ce qui concerne le centre d’enfouissement des déchets de moyenne et de haute activité, le centre expérimental de Bure a coûté déjà au contribuable la somme de 1,5 milliards d’euros, alors qu’il va falloir attendre 2020 à 2025 pour avoir un éventuel feu vert des autorités pour l’enfouissement de ces déchets hautement radioactifs. Combien faudra t-il ajouter à cette dépense initiale pour arriver à une solution convenable ? Les USA avaient le même projet, ils l’ont abandonné pour des raisons techniques et financières.
De plus le démantèlement des centrales en fin d’exploitation est un vrai casse tête pour les ingénieurs et techniciens de l’industrie nucléaire ; le volume de déchets, matériaux et matériels contaminés est énorme, de plus l’accès au cœur du réacteur n’est accessible qu’après au moins 40 ans après l’arrêt du réacteur, et il n’est même pas envisagé de détruire les bâtiments réacteurs, trop chers et techniquement difficilement réalisable. Le coût de la déconstruction est estimé au moins au triple du coût de construction.
La dépense en énergie, et en injection de matériaux à l’édification d’un réacteur nucléaire à eau pressurisé de 1000 MW de puissance est énorme, elle est estimée à 170000 tonnes de béton, 32000 tonnes d’acier, 1360 tonnes de cuivre et 205 464 tonnes d’autres matériaux.
Rien que la construction de l’EPR à Flamanville, ou le budget explose, il a été investi 8,5 milliards d’euros au lieu de 4 milliards initialement prévus. Ces sommes auraient pu servir à l’étude et à la réalisation d’énergies propres.
Enfin la question est occultée, ou très largement sous estimée. Greenpeace, à démontré à plusieurs reprises ; nos installations nucléaires ne sont pas à l’abri d’un attentat.
Le coût d’un accident majeur serait estimé à plus de 400 milliards d’euros, somme colossale pour un pays déjà en grande difficulté financière.
Le charbon.
L’Allemagne est le premier producteur mondial de lignite, pour faire fonctionner ces centrales électriques.
La séquestration du C02 dans le sol est à l’étude, pour l’instant une seule installation existe dans l’est de l’Allemagne, elle n’est pas pour l’instant concluante, car cette technologie nécessite une dépense d’énergie, égale à 3 centrales. Combien faudra-il en construire pour emmagasiné ou enfouir le surplus de C02 en cause dans se réchauffement climatique.
La chine est le premier émetteur mondial de dioxyde de carbone, elle est également le premier producteur mondial de charbon, mais sa demande est telle ; qu’elle en importe aussi de l’étranger et construit actuellement 350 centrales à charbon en plus.
L’extraction ce fait jour et nuit.
Les autorités chinoises qui publient chaque année les bilans de leurs émissions carbones, dissimuleraient 1,4 milliard de tonnes de GES des statistiques officielles.
Et d’ici 2020 il y aura aussi 80 nouvelles centrales au charbon en Europe.
L’exploitation des mines de charbon libère du méthane, puissant gaz à effet de serre, environ 25 fois plus que le C02.
En 2018 il n’y aura plus de subventions à l’extraction du charbon pour l’Allemagne, d’où un fort risque à l’avenir de délocalisation de la production de ce charbon après cette date avec un impact carbone encore plus important en raison énergétique du transport.
Les faux espoirs de certaines énergies renouvelables dites « vertes ».
Le biogaz.
Pour faire fonctionner une centrale de biogaz de 500 KW, il faut brûler 120000 litres de gasoil lié à l’exploitation du maïs mis en culture pour ce type d’installation. L’aberration est qu’on cultive du maïs pour ensuite l’incorporer au lisier, purin, etc.…dans le digesteur.
En Allemagne 7500 centrales à biogaz génèrent 2,5 millions de tonnes de C02 dans l’atmosphère par an.
Aucun contrôle des unités de biogaz n’est obligatoire en Europe.
La plupart des unités contrôlées ont des fuites de CH4 (80 % ne sont pas étanches).
Or si la fuite des cuves excède 4 % par an, il n’y a plus d’intérêt pour que ces unités existent.
La biomasse.
Pour la biomasse, la gestion et l’exploitation de cette filière ne tiennent compte d’aucun critère de gestion durable.
Lorsque l’électricité est produite à partir de bois, elle est certifiée, il s’agit de subventions indirectes.
On a converti une centrale thermique au charbon, en une unité biomasse, le bois venant du Canada, 800000 tonnes de granulés bois sont brûlés chaque année par GDF Suez.
La filière est en pleine croissance, bientôt en Europe on va brûler 35 millions de tonnes de bois par an.
Des études ont démontré qu’après une coupe franche de bois, il faut 500 ans pour que le cycle de carbone neutre soit rétablit. Si tout le monde se mettait au bois, quelle serait la durée de nos forêts ?
De plus un kilomètre 2 de forêt déboisée, c’est 20000 tonnes de C02 qui sont libérées.
Les agrocarburants de première génération.
La conversion de plantes agricoles en plantes énergétiques absorbe moins de gaz à effet de serre qu’elles n’en produisent.
Les USA sont passés de 200 millions de tonnes de maïs produit à 400 millions de tonnes. Aujourd’hui, ce doublement de la production sert à faire de l’éthanol pour l’incorporer aux carburants des voitures.
La conséquence, se traduit par un manque de terre disponible pour l’alimentation au profit des cultures destinées aux agrocarburants, le manque de fourrage provoque un prix élevé de ces intrants pour les éleveurs.
Une étude Européenne a démontré que les agrocarburants étaient plus nuisibles que le pétrole ou le charbon. La commission Européenne n’a pas voulu diffuser cette étude.
Les agrocarburants sont développés pour augmenter le profit des industriels, dans le cadre d’un développement durable et vert mensonger.
L’Union Européenne soutien toujours la filière des agrocarburants, mais à partir de 2020 il n’y aura plus de subventions versées. De ce fait la demande explose.
La déforestation massive au Brésil, Argentine, Paraguay, Indonésie.
La destruction de la forêt au Brésil libère d’énormes quantités de C02.
Le Brésil veut devenir le premier producteur et exportateur de denrées agricoles.
L’Europe importe de plus en plus de maïs Brésilien, du fait qu’une partie des sols ne sont plus disponibles pour les cultures à destinations des animaux d’élevages ou de l’alimentation humaine. La déforestation en Argentine et au Paraguay s’est considérablement accélérer ces dernières années au profit de la monoculture de soja OGM, avec tous les effets délétères que cela induit au niveau environnemental et social ; (spoliation des petits paysans, pollution accrue de l’eau, de l’air et du sol par les passages répétés de désherbant glyphosate).
De fait des quantités énormes de GES sont libérés.
La moitié des terres de Bornéo ont été déforestées au profit de la plantation de palmiers à huile. De plus en plus l’huile de palme est destinée à l’utilisation à un usage motorisé.
Des nouvelles technologies pourraient êtres mises en place, en France avec une longueur totale de 3427 Km de côte. L’installation d’hydroliennes, et d’usines marémotrices, mais également de géothermie profonde ou de surface pourrait compléter les technologies intermittentes comme l’éolien et le photovoltaïque.
De plus, de nombreux gaspillages s’opèrent à tous les niveaux, nouveaux appareils électroniques avec veille automatique, éclairage publique et des magasins qui fonctionnent toutes les nuits, zones industrielles, enseignes publicitaires. L’absence de ferroutage, de circuits cour de production et de distribution des marchandises, aggrave l’impact carbone.
L’isolation des logements anciens, doit se faire progressivement, avec des aides accordées aux revenus les plus faibles.
L’obsolescence programmée des objets manufacturés devrait être bannie, et lourdement sanctionnée car elle est premièrement, source d’une consommation inutile d’énergie et deuxièmement ; productrice de C02 en quantité énorme dont on pourrait facilement se passer.
Le mode de fonctionnement capitaliste conditionne l’humanité à toujours consommer plus, avec toutes les conséquences pour elle, gaspillage et raréfactions des ressources essentielles à la vie.
Philippe Lorme pour le MNLE 45